Les frères Sisters

Les deux frères mercenaires affichent des tempéraments radicalement différents. Eli se sent déconsidéré par son frère, chef auto-proclamé de leur tandem. Il est plutôt « fleur bleue », enchaîne les coups de malchance et exerce cette activité de « tueur à gages » à regret. Charlie, lui, est un alcoolique notoire et a la gâchette facile.

Jacques Audiard construit une histoire autour de cette opposition en adaptant les codes du western, utilisant aussi cette dynamique comme un ressort comique, on pense parfois aux frères Coen. Et c’est très réussi.
On découvre progressivement une volonté de se défaire d’une histoire familiale qui n’a cessé de guider consciemment (ou non) la moindre de leurs décisions.
Peut-on s’affranchir de son héritage ? Quelle part de libre-arbitre comportent nos choix ? Voilà autant d’interrogations que posent Les Frères Sisters, où, comme souvent chez Audiard, l’appât du gain et la brutalité menacent de tout détruire.
Audiard revisite le western dans un film fleuve, âpre, viril et en même temps sensible. Une réussite.

Note : 15/20.



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